27 février 2024

L’Envers du Bocal, entre bar, restauration, concerts, débats et rencontres

Aurélien Alalinarde est l'un des trois co-gérants de L'Envers du Bocal. Explore Poitiers l'a rencontré pour vous.

L'Envers du Bocal, c'est un lieu pluriel niché dans le quartier historique de Poitiers. Noé, Hélène et Aurélien sont trois profils très différents. L'un est musicien, l'une est travailleuse sociale et le dernier plasticien. Ensemble, ils ont décidé de créer un lieu convivial, ouverts à tous et où la solidarité a sa place.

Aurélien Alalinarde - L'Envers du Bocal
Aurélien Alalinarde.

"On est en train de monter la scop en espérant être prêts fin juin voire début septembre", explique Aurélien Alalinarde. "Ça fait cinq ans qu'on existe. Le concept de L'Envers du Bocal vient d'un festival que j'avais monté : Le Taco Clain. C'était un projet de réhabilitation de l'embarcadère du pont de Rochereuil, à Poitiers. Nous avons construit des bateaux faits de bric et de broc à partir des objets donnés par les riverains. Le but était de faire monter les gens dessus pour les amener dans les jardins ouvriers, où il y avait des concerts, des expos, du théâtre, etc." L'endroit se voulait convivial. Le festival se terminait par un bœuf de musique traditionnelle.

Convivialité et engagement à L'Envers du Bocal

Au terme de trois ans, l'idée a mûri dans la tête d'Aurélien pour "créer un bar convivial qui ressemblerait à cet esprit-là". Au niveau esthétique, on retrouve l'esprit guinguette, auquel s'ajoute la touche artistique d'Aurélien, qui est artiste plasticien et engagé écologiquement. "Les objets neufs, ce n'est pas quelque chose qui me marque ; la plupart des objets présents ici ont été faits de mes mains". L'artiste qu'il est essaie de détourner les objets pour les rendre fonctionnels, tel une pelle devenue un siège dans la salle de détente à l'étage. Aussi, tous les produits viennent des petits producteurs, artisans, dont les plus éloignés sont à deux cents kilomètres en raison du mouvement locavore. "Nous allons rencontrer nos producteurs / productrices pour voir comment ils travaillent. C'est le moment où nous regardons sil ils / elles respectent leurs salariés et l'environnement." Par ailleurs, tout ce que les gens peuvent manger et boire est en vente dans l'épicerie de L'Envers du Bocal.

Une programmation culturelle et débat

"La diffusion artistique fonctionne par réseau fermé, Noé et moi, en tant qu'artiste plasticien, l'avons subi. Nous ne voulions pas reproduire le même schéma. C'est pourquoi le collectif de programmation est complètement libre. Aussi nous proposons une scène ouverte tous les 3e jeudi du mois pour offrir la possibilité à chacun / chacune de s'exprimer", explique Aurélien. À l'étage se trouve une salle que les associations utilisent et où ont également lieu des débats autour de questions sociales, écologiques, etc. "Il y a quand même un angle d'attaque donné quand bien même on est ouverts à tout le monde, on n'est pas du tout sectaires", sourit Aurélien avant de préciser que "le local et le bio n'appartiennent pas qu'à une certaine classe sociale. Les classes défavorisées doivent avoir le droit de manger et boire des produits de qualité." C'est aussi pourquoi L'Envers du Bocal dispose d'un frigo solidaire dans lequel qui le souhaite peut ramener ses produits à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, afin d'éviter le gaspillage alimentaire. Le café suspendu permet aussi de faire bénéficier d'un café à quelqu'un qui a peu de moyen. Ainsi les SDF peuvent garder un lien social grâce au bar. Un dimanche par mois, le bar se transforme aussi en "bar pour enfants". Zéplindejeux propose des jeux pour tous les enfants, afin de conserver un côté familial, convivial. Des bœufs musicaux sont également organisés entre musiciens pour qu'ils puissent partager leur passion avec le public.

À la fin du mois, le bar accueillera Gilles Turquois qui réalise des tableaux à base de chambre à air. Pour rappel, L'Envers du Bocal est ouvert de 12h à 23h du mercredi au dimanche. Aurélien Alalinarde se dit ouvert à qui voudrait l'entendre à Poitiers à installer des récupérateurs d'eau, des ruches urbaines ou toute autres formes expérimentales en lien avec l'écologie.